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« Échanger et définir de bonnes pratiques en amont des projets permet de travailler efficacement avec l’ABF »

L’aménagement
Publié le 12 février 2020 - Mis à jour le 17 février 2020
Interview
« Échanger et définir de bonnes pratiques en amont des projets permet de travailler efficacement avec l’ABF »

Être urbaniste dans une collectivité territoriale, quelle que soit sa dimension, peut l'amener à échanger sur certains projets avec un architecte des bâtiments de France (ABF). Une relation basée avant tout sur la confiance et le dialogue, estime Bernard Lensel, président de l’association Urbanistes des Territoires. Cet architecte de formation et ancien urbaniste en collectivité nous fait part de son expérience.

Comment avez-vous travaillé avec les architectes des bâtiments de France au cours de votre carrière ?

Le rôle de l’ABF dépend beaucoup du territoire sur lequel il exerce. Lorsque l’on se trouve dans une collectivité où il n’y a pas de secteur classé ou d’espace protégé, l’enjeu est moins important et les échanges avec l’ABF sont moins fréquents. C’était le cas lorsque j’ai débuté ma carrière à Sarreguemines, en Moselle. Malgré tout, la collectivité a tenu à établir des relations régulières avec l’ABF et à travailler en bonne intelligence afin que la commune soit aménagée de manière harmonieuse, en respectant certaines règles esthétiques, en utilisant un certain type de matériaux. De manière générale, l’aspect relationnel est extrêmement important entre l’ABF et l’urbaniste. Pour pouvoir bien travailler, il faut établir une relation de confiance et dialoguer en amont des projets. Il est toujours plus efficace d’avoir sollicité l’ABF et de s’être fixé un référentiel de bonnes pratiques en commun avant de lui soumettre un projet pour avis de manière officielle. L’objectif étant d’éviter un avis négatif qui retarde alors les aménagements envisagés.

Quelles difficultés l’urbaniste peut-il rencontrer dans ses échanges avec l’ABF ?

L’urbaniste se trouve parfois pris entre plusieurs intérêts : ceux de sa collectivité, ceux des élus qui défendent un projet, ceux des porteurs de projets privés (entreprises, constructeurs) et ceux de l’ABF. Il est important de réussir à s’accorder sur un objectif commun afin que le projet qui voie le jour serve l’intérêt général. J’ai en tête l’exemple d’un concessionnaire qui avait souhaité construire un garage à côté d’un lieu historique de la ville de Bourg-en-Bresse et avec qui, en tant que responsable du service urbanisme, j’avais été amené à négocier afin qu’il modifie son projet. De ce cas précis, l’architecte du projet, l’ABF et moi-même avons communiqué afin de trouver la meilleure solution possible pour lancer le chantier.

Comment se passe la relation urbaniste/ABF sur une collectivité à fort enjeu patrimonial ?

J’ai exercé pendant 26 ans à la métropole du Grand Lyon au sein du service urbanisme. Une collectivité où les enjeux politiques sont forts et qui possède également un important patrimoine historique. Il est certain que cela rend le travail à la fois plus complexe, mais aussi passionnant. J’ai par exemple travaillé sur l’implantation des Vélo’v à Lyon, à l’époque où les Vélib’ parisiens n’existaient pas encore. Sur 350 stations de ces vélos en libre-service à implanter sur la ville, un certain nombre devaient l’être en secteur classé ! Autant vous dire que le travail avec l’ABF a été fondamental. Il a fallu prévoir pour chaque station plusieurs propositions : pour 250 implantations nous avons établi pas moins de 1 000 projets ! Au final, les Vélo’v ont été mis en place avec succès. Pour moi, cet exemple est une belle réussite d’un travail de qualité entre l’architecte des bâtiments de France, les élus et les agents de la collectivité ayant œuvré au projet.

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